Interview – Aurélie Fischer, photographe mystique au Cambodge

En pleine pandémie, seule étrangère au milieu de la campagne cambodgienne, vue par les habitants comme le virus ambulant, et passant des mois à errer dans les temples d’Angkor vidés de leurs touristes, la solitude et la spiritualité des lieux l’ensorcellent.

Un an plus tard, elle raconte ce qu’elle a vécu en répondant à la question qui a inspiré le récit de « confession d’une coronnée » :

« Qu’est-ce qu’on trouve au fond de soi quand le monde s’écroule et qu’on se retrouve seule dans un des endroits les plus religieux et spirituels de la planète ? »


« Pour commencer, je vais revenir sur cette histoire qui aurait pu être tragique mais qui a été un déclencheur, une prise conscience sans laquelle je n’aurais pas la vie que j’ai aujourd’hui. 

En 2014, je m’apprêtais à partir pour mon premier grand voyage au Cambodge avec mon compagnon de l’époque. On s’est séparé juste avant le départ, mais j’ai décidé de partir quand même de mon côté. Un mois avant mon avion pour Phnom Penh, je fête mon départ avec des collègues. En rentrant chez moi au matin, je me sens mal, je vomis, j’entends un crack dans mon corps, je m’écroule sur le sol et me réveille un peu plus tard. Dans le miroir, je découvre mon visage et mon cou tout gonflés. Ma voix a changé, c’est comme-si j’avais avalé de l’hélium. Au téléphone, le centre antipoison parle d’œdème sous cutané. L’ambulance m’emmène à l’hôpital puis je suis transférée à Bruxelles. C’est le choc. Finalement, je dois jeûner pendant 15 jours, car mon œsophage s’étant déchiré, le moindre aliment pouvait se coller à mes poumons ou à d’autres organes et mener à une septicémie. 

J’ai failli y passer. Ayant beaucoup de temps pour réfléchir, je réalise que finalement la vie ne tient qu’à peu de chose et que je souhaite vivre mes rêves 

Je veux devenir photographe reporter autour du monde

Il y avait aussi cet infirmier :

« Toi, tu dois regarder le mythe de la caverne de Platon, je te le mets sur YouTube ».

J’ai toujours gardé ça en tête. 

Amé : C’est quoi pour toi l’allégorie de la Caverne de Platon ? 

Aurélie Fischer : La réalité, ce n’est pas forcément ce qu’on voit. C’est « une » réalité qu’on nous a montré depuis le début, mais il y’a toutes sortes d’autres réalités. Je suis partie en voyage dans le but de chercher ces multiples réalités. Par exemple, les Cambodgiens, croient aux fantômes. Nous, les occidentaux, sommes plus portés sur des choses terre-à-terre telles que le travail et l’argent. Tout le monde vit des réalités différentes en fonction de sa culture. Il faut ouvrir les yeux et son esprit pour percevoir les autres réalités. Se libérer et peut-être réaliser que la réalité n’existe pas (rire). Je parle souvent de « rêvelité », quelque chose d’hybride et propre à chacun, entre rêve et réalité.

À partir du moment où l’on commence à découvrir une autre réalité, on passe par une période d’égarement car on se sent différent. On sort de ce que la plupart des gens appelle la réalité “normée” et on entre dans une autre perception et conception de la vie et des possibles.  Ma dernière expo photo réalisée au Cambodge porte sur cela. Je l’ai intitulée : Et si Alice se perdait au pays des merveilles ?

À la suite de mon hospitalisation, les médecins me disent que je ne pourrai pas partir au Cambodge, mais une kinésiologue m’ayant tiré une carte juste avant tous ces évènements et m’ayant dit que j’avais la bénédiction du Pape, je décide de partir quand même.

J’arrive au Cambodge, sans savoir parler anglais, sans savoir ce qu’était un Tuk-Tuk. J’avais une valise car je ne savais pas qu’il fallait voyager en sac à dos (rire). C’était la grande aventure. En arrivant à Phnom Penh, la capitale, tout est différent. Même pour traverser les routes, je paniquais. Puis, petit à petit , j’ai appris à découvrir le Cambodge. Je suis partie sur les îles isolées de Bambou et Koh Ta Kiev, où j’ai séjourné un mois et demi alors que j’étais censée rester près des hôpitaux. Je suis ensuite partie dans le nord proche des temples d’Angkor, à Siem Reap. J’ai eu un coup de cœur pour les temples et leur énergie. Les pierres certes, mais aussi la nature abondante, c’est un endroit surréaliste.

Voulant devenir photographe reporter, lorsque j’ai vu les temples d’Angkor, je me suis dit que ce serait un beau sujet, mais je ne voulais pas avoir les mêmes photos que tout le monde. J’ai donc pensé à aller dans les temples à certains moments de la journée. À chaque fois des choses étranges se sont produites. Des motos qui tombent en panne toutes en même temps lorsqu’on approche d’Angkor après la tombée de la nuit. Des lumières étranges dans le ciel, que les khmers appellent des « lucioles éléphants », mais qui restent un mystère car il n’y a aucune trace de ce phénomène sur Google. Des chutes du haut des temples sans me faire une égratignure, comme tombée aux pieds de Buddha. Une allée royale de milliers de lucioles sur la route qui mène à Angkor au milieu de la jungle. Dès lors, j’ai vraiment été intriguée par Angkor et ai ressenti une connexion avec ce lieu.

Après ce premier voyage au Cambodge, j’ai fait une médiation : je me suis vue là-bas avec une lune spéciale qui allait apporter quelque chose. J’avais le sentiment que c’était la fin du monde, il y avait de l’eau, une montagne, du sable.

J’ai toujours eu en tête que cette vision voulait dire quelque chose. C’était très intense.

Finalement, en revenant au Cambodge en 2017, je réussi à prendre cette photo exceptionnelle lors un évènement spécial, le nouvel an khmer. C’était comme une sorte de festival à Angkor avec des concerts, des marchés et les temples éclairés la nuit. Les khmers trinquent sur les pierres et font la fête dans les temples. C’est magnifique. Ce soir-là, je me positionne au milieu de la foule pour prendre une photo, la police arrive et chasse tout le monde. Cachée dernière mon trépied, concentrée sur la prise de la photo, je prie pour qu’ils ne me voient pas. Ils évacueront tout le monde de cette zone sauf moi. Je clique et voici la photo :  

J’ai vécu pas mal d’histoires qu’on pourrait qualifier de magiques ou spirituelles avec beaucoup de signes que ma timidité m’empêche encore de raconter. J’aimerais beaucoup en faire le sujet d’un livre comptant mes aventures autour de mon rêve de photographe.

Amé : Donc entre 2014 et 2019, que s’est-il passé pour que tu reviennes à nouveau ?

Aurélie Fischer : Je suis allée plusieurs fois en Inde avant de me baser à Auroville en 2017. Cette ville expérimentale indienne qui veut faire le ‘’surhomme’’. Partant du principe que l’homme n’utilise pas toutes ses capacités, à Auroville, tout le monde essaye de se développer et ainsi découvrir ce dont l’être humain est capable. J’y suis restée là-bas quasiment 2 ans, en faisant des allers-retours.

Au cours de cette période, toujours à la recherche d’évènements particuliers à photographier, je suis partie avec Loki, mon ami photographe indien, à la Kumbh Mela.

Un pèlerinage hindouiste qui attire 130 millions de personnes. C’est complètement dingue, totalement décalé, une autre réalité, comme un monde parallèle.

Une ville éphémère formée de chemins de terre se construit pour 2 mois. Tout s’organise en fonction de la position des astres. Les Sâdhus, qui se sont totalement retirés de la société, vivent une vie de détachement, nus, pour pouvoir atteindre le nirvana et arrêter le cycle de réincarnation. Six ou sept fois pendant les deux mois que dure l’évènement, ils font une grande cérémonie qui commence vers 10h du soir avec des chants de mantras. C’est assez rare de se faire inviter. Par chance, un Naga Baba, qui est le plus haut niveau dans la caste des Sâdhus, nous invite. Après la cérémonie, on a marché 2 km dans le froid pour se purifier dans l’eau du Gange

Ce fût l’un des moments les plus intenses de ma vie. Toute cette énergie qui veut aller vers le Gange.

Il y a des personnes âgées, des personnes à qui il manque une jambe, tout le monde s’entraide, tout le monde veut y arriver.

Il y a vraiment une force puissante qui pousse toutes ces personnes dans la même direction. 

Amé : Qu’est-ce-qui a fait que cet homme vous a invité ?

Aurélie Fischer : En prenant des photos, je place les gens au centre de l’attention. Beaucoup de gens aiment être pris en photo. J’avais ressenti que les Sâdhus recherchent aussi des followers, à leur manière. Ils sont même sur les réseaux sociaux.

Amé : D’ailleurs on voit dans ta vidéo que les Sâdhus prennent des selfies. C’est surprenant cette image sachant qu’ils vivent une vie de détachement. Ça pourrait paraitre incompatible.

Aurélie Fischer : Oui ils sont dingues, mais c’est tout à leur honneur (rire). Ils se sont adaptés. C’est clair que ce n’est pas l’image qu’on a d’eux. 

Lorsqu’on imagine quelqu’un de très spirituel, on n’imagine pas qu’il puisse être sur Facebook et faire des selfies. Mais bon ça a touché toute la population mondiale de nos jours.

Même les moines font des selfies. Tout le monde adore les photos et partager sa vie. Et puis sans téléphone, de nos jours, on est exclus de la société.

La Kumbh Mela a été, pour moi, un évènement très marquant qui m’a donné beaucoup d’adrénaline. J’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre. Il y avait tellement d’histoires, tout était extravagant. J’allais ébahie, de découvertes en découvertes. Rien n’était routine. C’était toujours l’aventure.  

Après cela, de retour en Belgique, tout me semblait ennuyeux, il me fallait me réadapter. Mon entourage avait progressé dans une réalité autre que la mienne : celle de la routine occidentale « métro, boulot, dodo ». Quand j’échangeais avec eux et qu’ils me parlaient de leur nouvelle machine à laver avec super essorage, je me sentais totalement décalée. Moi, j’avais mille histoires à raconter.

À la suite de ce voyage, je me suis dit « stop j’arrête les voyages. Je reste en Belgique, si je continue comme ça je ne m’en remettrai jamais, je voudrais toujours plus d’histoires, d’aventures et d’adrénaline »

Entre temps, courant 2019, une copine, que j’avais rencontré au Cambodge lors de mon premier voyage, m’invite à son mariage en Inde. Je ne pouvais pas refuser l’invitation, car se mariant avec un Indien à l’autre bout du monde loin d’une partie de sa famille, je souhaitais la soutenir. Ce serait mon dernier voyage et l’occasion de dire au revoir à mon ami Loki avant de rentrer pour de bon et de reprendre une vie normale à l’occidentale. 

Finalement juste après le mariage, il y a un festival en Inde qui s’appelle la Kamel Fair. Je décide de m’y rendre pour prendre quelques photos avant mon retour. 

Amé : Quelques mois avant l’apocalypse !

Aurélie Fischer : Oui. J’arrive au Cambodge en décembre 2019 et retrouve un ami rencontré lors de mon premier voyage qui travaille dans une ferme d’aquaponie. Il me dit « viens tu vas halluciner, c’est une vie complètement différente, on croise des cobras. C’est tous les jours l’aventure ». Je rejoins l’équipe de la ferme qui vit au milieu de la nature à 1h30 de Siem Reap dans une région très reculée, plate et désertique.

15-17 mars 2020, la pandémie arrive, c’est la panique, tous les gens que je connais s’en vont.

Je suis au Cambodge avec deux appareils photos, on m’a volé mon ordinateur et mes disques durs. Je fais un arrangement avec l’ONG de la ferme pour rester là-bas et faire un documentaire. C’est le début d’une grande aventure. 

En tant qu’européenne, seule dans un village isolé, en pleine pandémie, beaucoup de gens pensaient que j’étais le virus ambulant.

Ne parlant pas la langue, je me retrouve très isolée, sans vie sociale. Pendant un mois, je connais une solitude sans précèdent. Je me reconnecte avec ce qui me reste, ce qui m’entoure : la nature et son énergie. Détachée de tout mon confort habituel, je ressens alors un sentiment de connexion surréelle avec l’environnement. Et c’est là qu’il a commencé à m’arriver des choses étranges.  

Une nuit, je dormais dans une cabane en bois, sans mes vêtements, à cause de la chaleur. Les voisins n’étant pas censés être là, je laisse la fenêtre, qui donne sur leur terrain, ouverte pour laisser entrer l’air. Au milieu de la nuit, il fait noir et je vois des jeunes arriver à moto. Leurs phares commencent à éclairer l’intérieur de la cabane. Je panique et me cache dans un coin de la cabane. Je ferme les yeux et je me dis « oh mon dieu il faudrait fermer les volets de cette fenêtre ». Je rouvre les yeux et les volets de la fenêtre du côté du terrain des voisins sont fermés. 

Amé : C’est eux qui les ont fermés ? 

Aurélie Fischer : Non car il y a quand même un grillage entre les deux terrains et il n’y a eu aucun bruit. Je pense que c’était le vent, mais c’était quand même étrange car en un mois de temps ça ne s’était jamais produit. 

Un autre soir, il y avait un frigo avec plein de mots anglais écrit dessus. À ce moment-là, ma solitude me pousse à faire plein de petites expériences. Je décide donc de poser des questions au frigo. Je ferme les yeux et mets le doigt sur des mots pour former des phrases. 

Je demande : « que se passe-t-il dans le monde actuellement » et là j’ai « mess by men » (en français : désordre par les Hommes).

La suite ça a été « cris », « pleurs », « laisser tomber les appareils », « monter en flèche ». 

La dernière phrase c’était « Moon » (en français : lune), « Ache », et Aké c’est mon surnom depuis que je suis petite.

Et donc je sors dehors pour voir la lune et là je me rends compte qu’il n’y a pas de lune car c’était la nouvelle lune.

Amé : Que faisais-tu à la ferme pendant la journée ?

Aurélie Fischer : Le matin, je partais dans les environs pour prendre des photos. L’après-midi, je faisais les retouches. Je me suis aussi liée d’amitié avec une petite cambodgienne de 5 ans, Karo avec qui j’ai passé pas mal de temps. Oui le temps était long, il fallait s’adapter à la saison chaude. Entre 10 heures et 17 heures il n’y a pas moyen de faire quoi que ce soit. Il faut se cacher du soleil et attendre le bon moment pour sortir. Le soir j’allais me balader avec les chiens. Les enfants étaient intrigués par ma présence mais ne m’approchaient pas. Laissant toujours un périmètre de sécurité, ils formaient un cercle autour de moi et on marchait dans les champs désertiques. 

Amé : Et donc tu es restée là-bas pendant les 5 semaines de mi-mars à fin avril pendant que le pays était paralysé car tout le monde se demandait ce qui allait se passer avec la pandémie ? 

Aurélie Fischer : Oui, après 5 semaines à la ferme, la solitude commençait vraiment à peser. Je suis donc retournée à Siem Reap pour retrouver un peu de confort, mais je n’arrivais toujours pas à me reconnecter avec les gens. Toutes les conversations des expatriés me semblaient absurdes. Ils me parlaient de soirées, etc. Je ne faisais pas non plus partie des Cambodgiens, même si j’avais leurs sourires qui faisaient plaisir à voir. J’ai donc acheté un Pass de 6 mois pour les temples d’Angkor. 

Je continuais de me lever à 5 ou 6 heures du matin et j’allais tous les jours dans les temples pour prendre des photos. Au bout d’un certain temps, je faisais partie du décor, les locaux me reconnaissaient lorsque j’arrivais. Les enfants des commerçants, qui vivent à Angkor, me guidaient à travers le site. Les temples ont été ma seconde maison pendant toute une période. Invitée aux déjeuners des moines, puis à l’une de leur cérémonie à Angkor Wat, je me sentais vraiment privilégiée.

Depuis mon premier voyage au Cambodge et la découverte des temples d’Angkor en 2014, j’ai toujours eu une connexion très spéciale avec ce lieu, qui s’est renforcée, y ayant passé autant de temps en 2020. Par exemple, un jour alors que j’ai très peu dormi et me sentant épuisée, je décide d’aller dans les temples. Il est environ 14 heures, il fait chaud mais je sens au fond de moi qu’il faut que j’y aille. Je mets ma musique sur mes oreilles et je démarre ma moto. Je me dirige vers Angkor, mais je ne sais pas encore vers quel temple. Sur ma route j’ai comme des messages qui traversent mes pensées : un rond dans un carré, une lune spéciale. Je demande si toutes ces pensées sont vraies. Toujours faisant mes petites expériences, je demande à ce qu’on m’envoie un signe. Je demande à voir un serpent en guise de confirmation de la véracité de ces intuitions.

J’arrive au temple Banteay Kdei. Sur place, mise à part une famille de locaux, l’immense temple est vide. Je pénètre à l’intérieur tout en écoutant des mantras de Shiva dans mes écouteurs. Je commence à prendre des photos du temple, entre les fenêtres, les portes et les couloirs et à ma grande surprise, sur chaque photo on voit un membre de la famille au bout d’un couloir. Je pose mon appareil photo sur un trépied devant un linga formé d’un rond dans un carré, c’est le symbole du mâle et de la femelle. Dans certaines représentations du linga, le symbole féminin du carré peut être rond. Je commence à filmer sans raison et m’assieds plus loin. 

Et là, la famille arrive s’installe devant la caméra et commence à faire une cérémonie pendant une heure.

La vieille femme prie, pleure, parle, chante, se coupe le doigt, met son sang sur la pierre.

Je regarde la scène depuis l’entrée d’un autre couloir. Le personnel du temple se rapproche et s’installe derrière moi. On est tous alignés, comme des astres. La lumière du coucher de soleil illumine cette vieille dame. C’était incroyable. 

À la fin, cette dernière me dit qu’elle priait Shiva et Vishnu pour protéger le Cambodge de la pandémie. C’est alors que je réalise que Shiva est le signe que j’attendais, car les guerriers de Shiva, les Naga Baba sont des serpents.

En repartant du temple, j’aperçois un essaim d’abeilles dans une magnifique lumière de fin de journée. Je décide de le filmer et là, la famille de nouveau marche devant moi. Au moment où ils passent la porte du temple l’essaim d’abeilles disparait et la vieille femme me fait un geste un peu particulier, on le voit dans la vidéo.

Je n’oublierai jamais cette journée, mon sentiment, la famille et la cérémonie. J’ai effectué des recherches sur ce temple et il se trouve qu’il est situé devant le bain royal, et c’est donc la même cérémonie que celle que j’ai faite en Inde avec le Naga Baba.

Quelques jours après il y a avait une éclipse et je devais aller à Angkor pour cet évènement astral, mais je n’y suis pas allée. J’ai essayé de l’observer depuis là où je me trouvais. Un énorme nuage en forme de gros visage avec un troisième œil s’est formé en 10 minutes, m’empêchant de voir l’éclipse. Ensuite le nuage est devenu très noir puis s’est estompé et le beau temps est revenu. C’était dingue. 

Amé : Que t’ont apporté toutes ces expériences, ces évènements et ces signes ? 

Aurélie Fischer : Tout cela m’a permis de comprendre qu’il est nécessaire de se réadapter. De se libérer de tous les conditionnements qu’on nous a inculqué depuis notre enfance, afin de ressentir l’énergie et les messages qui nous sont laissés, et également de s’ouvrir pour les percevoir. J’espère que des communautés vont se créer et fonctionner plus simplement, plus proche de la nature et des éléments et moins dans la mondialisation.

À travers mes photos, je veux aussi montrer toutes les belles choses que je vois, car tout ce qu’on voit nous influence. En ce moment les gens voient beaucoup d’informations négatives. Je veux faire passer de beaux messages pour inspirer les gens à faire de belles choses, de belles actions. De nos jours il est important d’être dans l’entraide. Toutes ces inégalités nous ont rendus malheureux. En voulant toujours mieux, toujours plus, on en arrive à détruire le monde. 

J’ai envie de me socialiser à nouveau. L’humain a besoin de partager. Et aujourd’hui je me retrouve à Kâmpôt où je rencontre des gens qui ont vécu des histoires un peu similaires. Je me sens comprise et soutenue. C’est beau ce qu’il se passe à Kâmpôt. Il y a une belle énergie. Les gens ont compris qu’il fallait être dans l’entraide. L’autre jour on a organisé une journée de jardinage dans un village au nord de Kâmpôt, une vingtaine de jeunes sont venus pour planter des arbres et faire du recyclage de plastique.  


D’avril à mai 2021, Aurélie Fischer a exposé ses photos à la Java Bleue de Kampot, puis de mai à juillet 2021 à la Factory de Phnom Penh. Elle prépare actuellement un film documentaire.

Edité par Pluchon

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Publié par Amé

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